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Concert de Yoro Ndiaye

Yoro Ndiaye, Une voix de velours dans un écrin acoustique.

Depuis le succès fulgurant du titre « Xarit », Yoro Ndiaye nous entraîne guitare en main dans un univers musical aux teintes folk et mbalax. Nouvelle perle de la scène acoustique, son groupe « Yoon wi » injecte un souffle nouveau fait de sonorités et de couleurs diverses. Rencontre.

Raconte-nous tes débuts. La musique a toujours été une vocation pour toi ?

La musique a toujours été en moi. Tout jeune, j’étais déjà attiré par le rythme des percussions. J’étais d’ailleurs le roi du Toksi-Ngalam ! Avec mes amis d’enfance, on s’amusait à fabriquer des petits tams-tams pour imiter les griots. On jouait de la musique avec les moyens du bord.

D’ailleurs, ma première vraie été conçue dans l’atelier de menuiserie de mon père. Du 100% artisanal ! A l’école primaire, je dirigeais également les chœurs de la troupe théâtrale de Mbacké. Mes proches me faisaient souvent remarquer que j’avais une belle voix mais je n’étais pas réellement conscient de mon potentiel. C’était juste un amusement.

Et puis en 1993, dans mes années lycées, deux événements ont marqué un tournant dans ma vie. Le premier, c’est ma rencontre avec le musicien Babou Mbenda Gaye qui m’a appris à jouer de la guitare. Le second, c’est ma sélection dans l’orchestre régional de Diourbel. Cette année 1993 a été une sorte de révélation puisque je côtoyais pour la première fois des professionnels de la musique.

Concert en images le Samedi 21 Mars


Quand as-tu choisi de faire de la musique un métier ?
Après deux années passées dans la formation de Diourbel, je suis retourné à Mbacké. A l’époque j’avais 18 ans et un rêve dans la tête : devenir artiste. J’ai donc décidé de rentrer au Conservatoire pour avoir les bagages nécessaires à une carrière professionnelle. Ce choix n’était pas du tout évident car mon entourage familial était complètement étranger à mon univers. Natif de Mbacké, j’ai grandi dans un environnement très religieux et la musique moderne était assez mal considérée.

Donc je n’ai rien dit à personne et j’ai continué à apprendre seul ou avec des amis. Je participais à tous les événements culturels de ma région pour m’habituer à la scène et tester les réactions du public. Après quelques apparitions dans les médias locaux, je me suis rendu compte que Mbacké n’offrait pas les infrastructures adéquates pour véritablement percer dans le milieu. En 1997, j’ai donc fait mes valises pour partir à la capitale et oser une aventure musicale. J’ai alors prétexté à ma famille que je partais à Dakar pour trouver du travail. Ils ignoraient évidemment le rêve qui m’animait !



En 1997, l’enfant de Mbacké débarque donc sur Dakar. Une époque difficile pour toi ?
Au début, je dois avouer que ce n’était pas évident d’être dans une ville inconnue, loin de mes proches. Mais j’ai eu la chance d’être accueilli dans la famille de mon ami Bouba Mbenda Gaye. Cette maison était une maison de musiciens, avec des instruments dans toutes les pièces. Je me sentais chez moi et et je pouvais partager ma passion avec d’autres.

Ca m’a vraiment aidé. En 1998, j’ai été embauché comme valet de chambre au Club Med de Dakar. Comme le lieu organisait régulièrement des soirées musicales pour les touristes, j’ai sauté sur cette belle occasion pour proposer mes propres concerts. Le public a tout de suite été séduit et c’est ainsi qu’en né, en 2000, le groupe « Yoon Wi » (NDLR : ‘le chemin’ en wolof).



Quand est-ce que l’aventure a-t-elle vraiment démarré ?
Disons qu’il y a eu plusieurs étapes marquantes. En 2002, ma carrière a connu un nouveau tournant puisque j’ai été choisi pour interpréter le titre « Africa » dans la compilation « Sénégal Folk ». A cette même période, des grands noms de la scène sénégalaise ont commencé à s’intéresser à moi. J’ai fait mes premiers pas sur une vraie scène avec les Frères Guissé.

Et puis, en 2003, Youssou Ndour m’a proposé de faire la première partie de ses concerts au Thiossane. Pour moi, c’était une chance inouïe. J’ai par la suite quitté mon travail pour me consacrer uniquement à la réalisation de mon premier album sorti en 2006. Le vrai déclic s’est produit l’année d’après, lorsque les médias ont diffusé le clip de « Xarit ». C’était une vraie bombe à retardement et les projecteurs se sont braqués sur moi. Les médias ne sont pas avares de qualificatifs pour définir ton style : folk acoustique, worl music, pop…

Et toi, comment définis-tu ta musique?
Ma musique est universelle et la seule ‘couleur’ que j’utilise est l’acoustique. Je n’aime pas trop cette tendance à enfermer ma musique dans tel ou tel courant. Il n’existe pas de frontière musicale dans mes chansons, je compose aussi bien avec des sonorités mandingues, mbalax, pop, salsa, reggae… Tout dépend du message que je souhaite véhiculer !

Pour finir, un mot sur la musique sénégalaise ?
La musique sénégalaise est riche mais peut-être pas assez épicée. J’entends par là que les artistes et musiciens n’osent pas assez s’aventurer dans des directions nouvelles. Le mbalax est notre racine commune mais il mérite d’évoluer avec notre époque moderne. Nous avons de magnifiques instruments traditionnels comme le xalam ou la kora ! A l’image de nos amis maliens, nous devons travailler davantage nos rythmes traditionnels pour trouver des cadences nouvelles.



Biographie
- 1993 à 1995 : Lead vocal dans l’Orchestre régional de Diourbel
- 1995 à 1999 : Carrière musicale en solo dans les manifestations culturelles des écoles de la région de Diourbel et premières diffusions dans les médias locaux.
- 2000 à 2003 : Animation musicale au Club Méditerranée de Dakar
- 2002 : Compilation « Sénégal Folk » avec le titre « Africa » ; Première partie des « Frères Guissé »
- 2003 : Première partie des soirées de Youssou N’Dour au Thiossane ; sortie de 6 titres en K7 avec le groupe Yoon Wi
- 2006 : Sortie de l’album Bêgg Dem
- 2007 : Sortie de l’album Nittu Niit

Yoro Ndiaye et « Yoon Wi » en live au Kadjinol : le 21 Mars à 23h
Yoro Ndiaye en concert

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